Un atelier de concertation a été organisé le 13 février 2026 dans le village côtier d’Ebodjé, dans les locaux conjointement occupés par l’antenne de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) et le service chargé de la conservation du parc marin. Cet atelier réunissait le service de conservation du Parc Marin Manyange na Elombo Campo, Biodiversity Conservation for Life (BCL) et les bénéficiaires du projet d’amélioration des revenus des fumeuses de poisson par la promotion de fours écologiques.

La concertation, qui a connu une forte participation des fumeuses de poissons et des pêcheurs, s’est tenue en trois phases. La première phase, protocolaire, a été ponctuée des discours du coordonnateur des programmes de BCL (Pr Ebonji Seth), du conservateur du parc marin (M. Sambou Patrick) et du chef d’antenne IRAD Ebodjé (M. Lemone Kagombe).
La présentation du projet à la communauté a été effectuée par le secrétaire exécutif de BCL (Pr Ngueguim Jules), qui a rappelé le bien fondé de « l’art de fumer le poisson » et l’impact socio-économique et sanitaire de cette activité, notamment chez les femmes fumeuses de poissons. Dans la filière de la pêche artisanale, les femmes demeurent un maillon essentiel mais vulnérable de la chaîne. Ce projet vise à renforcer leur capacité à fumer le poisson en mettant l’accent sur la qualité, tout en améliorant leurs revenus.

La principale activité dans le village d’Ebodjé est la pêche. Le village n’étant pas connecté au réseau électrique, la conservation des produits de la pêche est extrêmement difficile et le fumage constitue la seule méthode accessible aux populations. Or ces méthodes sont de plus en plus décriées par les consommateurs du fait de l’utilisation de combustibles inappropriés, voire toxiques (vieux vêtements, plastiques). Une enquête conduite par BCL auprès des fumeuses dans la localité de Yoyo a révélé plusieurs pathologies : hémorragies récurrentes, problèmes de vue et lésions musculaires. Ces constats justifient la construction de fours améliorés qui protègent la santé des femmes, améliorent la qualité du poisson fumé, réduisent les pertes post-récolte et diminuent la consommation de bois, réduisant ainsi la pression sur les mangroves.

Le but ultime du projet est d’améliorer les revenus des femmes fumeuses de poissons, de réduire les pertes post-capture et d’assurer la gestion durable de la pêche au sein du Parc Marin Manyange na Elombo Campo.



